L’action spécifique qui favorise l’intégration des étrangers est:
- Se donner les chances de construire pour réussir -
Nous sommes une société qui a pensé se sécuriser par des lois, des principes, des modèles et mis en place nos filières dans des cadres d’exigence souvent fixés par les institutionnels. Dans le processus de l’intégration, nous le savons tous, que celle-ci passe par la participation des personnes à une activité économique lucrative, que cette activité se doit d’engendrer de la rentabilité par de la productivité, enfin que sa mise en œuvre est toujours accompagnée par l’esprit d’initiative et celle de prises de risques.
En tant que parents, nous avons la tendance à vouloir mener nos enfants à des éducations élitaires et à des métiers à qualification d’excellence leur apportant une assurance de "rentes". Peut être s’agissait il aussi d’échapper aux conditions d’ouvriers et de pauvreté mal vécues. Les uns et les autres y compris les états y ont consacré tout leurs efforts et sacrifices.
Si en Suisse, les métiers à main d’œuvres spécialisées comme plombiers, menuisiers, serruriers, maçons et métiers d’artisanats deviennent des qualifications rares, il faut se rappeler que par le passé une large majorité de ces professions ont été alimentées par une main d’œuvre immigrée.
Demain, par nos choix politique, un risque imminent pourrait s’étendre par la désaffectation des métiers d’agriculture tant en Suisse, dans certain pays de l’union européenne et plus tragiquement dans les pays de tiers monde. Nous sommes arrivés à un stade de société de consommation "Kleenex" où on investit en priorité dans les gadgets, dans des opérations économiques spéculatives, au détriment de l’outil de travail de productivité et de maintenance qui de tout temps a été le fondement de l’héritage pratique de formation de transfert et de revenu.
Pour une partie des élites que nous avons formées issues d’immigrés "choisis" ou de la génération nées en Suisse, nous les voyons aujourd’hui confrontés à la précarité, à la désespérance de valoriser leur savoir par un emploi rémunérateur, avec un sentiment rémanent d’être des victimes d’une discrimination voir d’une atteinte aux Droits de l’homme.
Pour la catégorie des promoteurs qui ont des idées, des ambitions, qui veulent tenter la voie de l’entreprise, la réalisation de projets, s’approcher d’un leadership, se donner les chances de construire : l’horizon n’est pas plus facile, car au cœur de toutes initiatives, d’actions et de concrétisations, l’accès au capital de financements dont celui du start up reste le point de confrontation.
Si à Neuchâtel, Vaud et Genève, nous avons su accueillir avec facilité et juste motivation les grandes structures sans leur poser de problèmes ou conditions d’intégration, il n’y a pas les mêmes chances pour les "jeunes pousses" qu’elles soient issues des immigrés ou des nationaux qui ont l’aspiration d’entreprendre et de bâtir leur indépendance économique.
A ce point de croisement des projets, que nous soyons immigrés ou nationaux, nous partageons un destin parallèle en faisant face à l’obstacles d’intégration locale économique, que pour se donner des chances de réussites et de construction nous devons accepter l’audace des pionniers et trouver une nouvelle terre d’accueil qui souvent est peut être éloignée de notre propre maison.
L'intégration au delà de nos differences?
Multiculturalité, Interculturalité
Que ce soit lors de rencontres dites "multiculturelles" ou dans le cadre d’initiatives politiques telles que les commissions de dialogue interculturel. Mais que signifient ces deux notions exactement? La multiculturalité est le fait que plusieurs groupes ou individus ayant des cultures (une langue, une religion, une histoire ou une mémoire collective) différentes vivent dans un même lieu, un même pays. L’interculturalité est une démarche visant à prendre des distances par rapport à soi-même et sa propre culture pour comprendre les autres et réussir à mettre en place un dialogue, une communication.
L’enjeu de l’interculturalité est donc de "vivre ensemble ", de se reconnaître mutuellement, dans le respect des modes de vie et des valeurs de chacun.
Immigrés, étrangers, autochtones : de qui parle-t-on ?
De plus en plus souvent, des termes tels qu’ "immigrés", "étrangers" sont utilisés pour désigner le même phénomène, sans faire de différence. Que signifient-ils ? Quelles sont leurs différences et leurs implications politiques ?
Tout d’abord, au niveau juridique, le terme d’immigré n’existe pas. Seul celui d’étranger est défini. Au regard de la loi, il existe des Suisses et des étrangers, c’est-à-dire ceux ayant une autre nationalité. Par contre, dans l’usage courant et politique, le terme d’immigré est très souvent utilisé. Un immigré est un étranger entrant et s’installant dans un pays d’accueil. Par rapport à son propre pays, il est un émigré (il l’a quitté pour s’installer à l’étranger).
L’émigration et l’immigration sont donc deux phénomènes liés à la migration d’un individu, selon le pays de référence (de départ ou d’accueil). Il est donc impropre de désigner en tant qu’immigré quelqu’un étant né dans le pays. Tout d’abord, au niveau juridique, le terme d’immigré n’existe pas. Seul celui d’étranger est défini. Au regard de la loi, il existe des Suisses et des étrangers, c’est-à-dire ceux ayant une autre nationalité.
Par contre, dans l’usage courant et politique, le terme d’immigré est très souvent utilisé. Un immigré est un étranger entrant et s’installant dans un pays d’accueil. Par rapport à son propre pays, il est un émigré (il l’a quitté pour s’installer à l’étranger). L’émigration et l’immigration sont donc deux phénomènes liés à la migration d’un individu, selon le pays de référence (de départ ou d’accueil). Il est donc impropre de désigner en tant qu’immigré quelqu’un étant né dans le pays et n’ayant donc jamais migré.
Pourtant, à partir des années 1970-80, la catégorie "immigré" apparaît dans le débat politique et en vient à désigner un individu d’origine étrangère, généralement marocain, turque et/ou musulman. Peu importe que l’individu soit Suisse et né en Suisse, il reste un descendant d’immigré ou un "immigré seconde génération". Peu importe également que la majorité des immigrés soient Italiens, Portugais, Français ou Allemandes.
La question de l’immigration en vient donc à se confondre, de façon erronée, avec celle de l’intégration de populations différentes culturellement et religieusement. Encore une fois, c’est l’origine de l’individu qui domine et ce dernier est enfermé dans sa catégorie d’appartenance. D’ailleurs, ceux qui ont acquis la nationalité suisse par naturalisation sont souvent appelés les "nouveaux suisse".
Enfin, il faut également distinguer, au sein des étrangers, les réfugiés politiques et les "sans-papiers". Les réfugiés sont ceux bénéficiant du droit d’asile en Suisse parce qu’ils sont persécutés dans leur pays ou qu’ils y risquent leur vie. Il faut donc clairement différencier les réfugiés politiques des migrants économiques : les premiers migrent parce qu’ils fuient une persécution d’ordre politique et sont pour cela protégés par le droit international.
Les "sans-papiers" sont des étrangers n’ayant pas de titre de séjour valable en Suisse, pour différentes raisons : soit ils sont entrés illégalement sur le territoire, soit ils sont rentrés légalement et sont devenus illégaux par la suite (pour des raisons personnelles mais aussi selon l’évolution de la législation concernant les droits des étrangers et l’acquisition de la nationalité).
Les déboutés du droit d’asile (ceux dont le statut de réfugié n’a pas été accepté) deviennent souvent des "sans-papiers". La régularisation de ces personnes précarisées vise à leur donner un permis de séjour, condition minimum à leur intégration.